Synthèse sur la Technique / les Low-Techs

Plusieurs réflexions sur les low-techs et la technique ont été postées sur ce blog, ou par l’intermédiaire de celui du Low-tech Lab Montreal, en plus des réflexions amorcées auparavant.

Tout d’abord, je démarrais il y a quelques temps un tour des acteurs low-techs au Québec, avec des questions spécifiques par rapport à l’expertise des intervenants (artisanat, innovation, numérique, machines, critique de la Technique …) :

Je me demandais aussi pourquoi les low-techs n’étaient pas plus utilisées dans des milieux “survie”, comme le cas du scoutisme :

En parallèle, une réflexion sur les aspects esthétiques dans les low-tech, parfois présentés comme le terrain où l’on peut le plus raboter, mais au potentiel détriment de l’adoption de la technologie :

Était présenté également une théorie de sélection des technologies dans le temps, analogue à la sélection biologique. En décembre dernier j’analysais le concept de « complexité » dans sa vraie définition, et en quoi le low-tech devrait être plutôt défini en opposition à « compliqué », une innovation low-tech ne revenant pas forcément en arrière, mais surtout pouvant faire appel à de la théorie complexe pour rendre son empreinte soutenable et garantir son accessibilité :

Plus tôt en 2019 je me demandais si le concept de low-tech n’allait pas subir le même sort que le zéro déchet, avec une ré-appropriation par le Marché :

Ceci devrait constamment nous rester dans un coin de la tête, car la récupération pourrait être mortelle.

Enfin j’essayais de répondre dans une vidéo à des mécompréhensions (à mon sens) des techniques et technologies, notamment à l’appellation « low techologie — high technique » de G. Roussilhe [2], ainsi que la distinction outil/machine du texte de POLEMOS, tout en explorant les aspects politiques liés au sujet et la question des pays du Sud, entre autres (cf vidéo pour cela) :

https://peertube.fedi.quebec/videos/watch/41d29c2d-e843-4388-aa37-cb4da71175dc?start=38m35s

Quelques autres réflexions finales :

On voudrait « sortir du système », mais le système est partout ; la mégamachine n’a que faire de quelques initiatives en dehors de son sein car :

  • Elle est de toute façon partout, et y travaille
  • Elle peut réprimer férocement les dissidences *
  • Elle peut aussi bénéficier des avantages que ceux qui “désertent” laissent derrière eux (non-utilisation de ressources …)
  • Elle peut se servir de ces initiatives inspirantes comme alibi, ou comme calmant envers les vraies dissidences

Cependant il faut quand-même développer le maximum d’initiatives locales pour faire bloc : des gouttes d’eau dans un océan, mais en se rappelant qu’un océan « n’est jamais qu’un ensemble de gouttes d’eau ». Sans tomber dans la naïveté que cela suffira, et sans oublier de se méfier de la Puissance près de chez soi et de son pouvoir destructeur.

Par ailleurs, les restes du capitalisme sont riches et abondants. Ne pas les utiliser pour rester pur et parfait est tactiquement discutable. Par exemple, la ville regorge de possibilités de récup’, de détournement, de hacking, de dumpster diving etc. Mais il faut garder à l’esprit que le Système dispose de moyens quasi-illimités pour toujours garder une longueur d’avance sur ces initiatives (comme pour Internet etc.).

Enfin une approche « pragmatique » du low-tech est aussi portée par beaucoup d’acteurs : ne pas rejeter des avancées comme la science ou le photovoltaïque par exemple, si cela permet de tendre vers une solution durable en ménageant les efforts quotidiens, mais en prenant garde bien-sûr à la pente savonneuse qui nous ferait revenir vers un macro-système délétère. Par contre, cela ne doit en aucun cas nous faire effacer la distinction nature/artificiel via un relativisme total :

(petit bonus sur le parallèle solutions fondées sur la nature / low-techs)

Je vais par ailleurs commencer à publier des réflexions sur mon site de l’atelier La Fresque des Low-techs, sous forme de formats plus courts, en plus de la page FB du Low-tech Lab Mtl bien-sûr. À très vite !

Notes

* « Avoir une vie détachée de quelque manière que ce soit du complexe mégatechnique, ou encore pire être effrontément indépendant de lui, ou récalcitrant à ses exigences, n’est vu comme rien moins qu’une forme de sabotage. D’où l’acharnement à leur encontre évoquée par les Hippies, pourtant loin de tout comportement répréhensible. Selon les termes mégatechniques, le retrait complet est une hérésie et une trahison, si ce n’est une preuve de manque d’esprit. L’ennemi juré de l’économie de marché ne serait pas Karl Marx mais Henry Thoreau.» [Lewis Mumford, « Le Mythe de la machine », tome II, 1974].

Low-techs, solutions basées sur les écosystèmes, biologie évolutionniste, énergie/climat…

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